le soleil monte et descend les étoiles reprennent chaque
nuit leur place rien ne change le monde est globalement
vert le ciel bleu les enfants s’écorchent toujours les genoux
en tombant sur le gravier des parcs les voitures empuantissent
l’atmosphère la tourterelle roucoule parce que l’oie cacarde
et la perdrix cacabe parce que l’éléphant barrissant refuse
de mugir n’est-ce pas qu’il en est ainsi parce que c’est comme ça
les hommes poursuivent leurs femmes et celles des autres comme
les animaux leurs femelles la terre toujours aussi petite
et perdue dans un immense espace vide tourne sans fin enfin
c’est ce qu’on dit quand on sait alors que Dieu n’arrive pas à
choisir entre être zéro un ou multiple la vie va et s’en va
chaque chose suit son erre rien ne change l’homme tue l’homme
brûle les forêts viole ses enfants découpe ses amis en morceaux
crucifie les esclaves en fuite égorge les libres penseurs
lapide les femmes adultères coupe les mains des voleurs
c’est ainsi on n’y peut rien la terre est trop fermée trop seule

 

Chant urtyn duu Mongolie

Passionnément, André Messager