c’est chaud grisâtre sale plutôt sale ça clapote vaguement
clapote fait des bruits indistincts frottements chuintements
soupirs gargouillis gémissements des bruits sur des bruits c’est
grand très grand son œil s’y perd surtout dans les miroitements
sans fin d’un soleil chaud trop chaud c’est plat plat plat ça
bouge un peu pas trop c’est chaud pas trop désespérant de lassitude et
de répétition Alessandro regarde ça regarde comme ça parce que c’est
comme ça qu’il est là et que c’est comme ça toujours même
et parfois un peu différent pas trop quand même pas trop ça
bouge au rythme de la lassitude de son regard dans le
vide assoupi de sa tête encoconnée de la chaleur muette d’un
soleil par trop plein de lumière c’est comme ça c’est là là il n’y
peut rien c’est là devant lui comme une vaste surface presque
plane rase de redites et d’ennui ça lui emplit de murmures
le vide de sa tête lave à blanc sa fatigue lamine ses rares pensées
le noie c’est là dehors en dehors de lui ça brûle aux larmes la
surface-miroir de ses yeux ça ne le concerne pas c’est là là
ça bouge un peu un peu un peu encore un peu et c’est tout tout

 

Luth Azerbaïdjan

La muette de Portici, Daniel Esprit François Auber