09 avril 2013

Orphée aux enfers

  deux tables deux chaises deux verres raki et bière dans les fenêtres noires les feux des bateaux restent immobiles comme un fil entre eux la musique se regardent se sourient lui moustache doigts lissant les poils veste de cuir noir cigarette lui polo vert sourire visage glabre se regardent allumette fumée lui revient vingt ans en arrière même fumée même atmosphère tout et rien tout à dire et rien pour le faire que la surface de ces sourires de ces gestes anodins de salutation de sympathie ou d’empathie ne sauraient le dire... [Lire la suite]
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03 avril 2013

Il Cinese rimpatriato

  Alessandro la regarde elle elle a l’air fragile si fragile la regarde voudrait la toucher savoir si elle est de chair et de sang comme lui ou d’une autre matière voudrait la toucher ne cesse de la regarder toucher son cou son pied son ventre ses seins ses lèvres la toucher rien que la toucher pour voir pour être sûr sûr de ce qu’elle est être sûr que ça vaut le coup de penser à elle la regarder sans peur de la détruire ou même d’altérer simplement altérer l’équilibre subtil des teintes de sa peau depuis les si légers cernes... [Lire la suite]
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20 mars 2013

le maître de musique

  Alessandro dit se dit c’est trop facile beaucoup trop facile de dire que les choses sont ce qu’elles sont que la vie va comme elle va que nous n’y pouvons rien c’est ainsi tout va à vau l’eau de parler des événements du monde comme de l’eau qui sèche sur la peau exposée au soleil ou la rosée encore ou la brume légère des matins de printemps parler des malheurs du monde de leur inaccessibilité des guerres lointaines et si regrettables mais qu’y faire n’est-ce pas c’est si loin et nous sommes si peu de choses c’est trop facile... [Lire la suite]
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14 mars 2013

la finta cameriera

  c’est sûr ça ne reviendra pas le temps le temps ne reviendra pas en tous cas pas le sien aimerait bien qu’il en soit autrement mais sait que non que ça ne reviendra jamais comme retour en sa conscience la longue sirène stridente du temps qui troue l’espace en avant jamais en arrière il le sait l’a toujours su sait qu’il l’a toujours su et que ça sera toujours ainsi cette longue déchirure de sons qui n’en finissent pas de déchiqueter lentement les feuilles de papier couvertes des signes de ce qu’envers et contre tout malgré... [Lire la suite]
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09 mars 2013

la muette

  c’est chaud grisâtre sale plutôt sale ça clapote vaguement clapote fait des bruits indistincts frottements chuintements soupirs gargouillis gémissements des bruits sur des bruits c’est grand très grand son œil s’y perd surtout dans les miroitements sans fin d’un soleil chaud trop chaud c’est plat plat plat ça bouge un peu pas trop c’est chaud pas trop désespérant de lassitude et de répétition Alessandro regarde ça regarde comme ça parce que c’est comme ça qu’il est là et que c’est comme ça toujours même et parfois un peu... [Lire la suite]
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05 mars 2013

le caïd

  ne boit pas pour oublier le ventre bleui de la jeune fille violée un soir au coin de deux rues dont il n’a d’ailleurs pas retenu les nom ni pour se distraire ne boit pas pour se désaltérer pour changer son passé en futur ni pour faire naître des brouillards d’images dans son crâne si plein du vide de ses désirs ni pour effacer les contradictions qui l’assaillent ne boit pas non plus parce que c’est ce qu’il faut faire pour être un homme parmi les hommes ne boit pas pour ça boit pour boire parce que ne sait pas faire autre... [Lire la suite]
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27 février 2013

passionnément

  le soleil monte et descend les étoiles reprennent chaque nuit leur place rien ne change le monde est globalement vert le ciel bleu les enfants s’écorchent toujours les genoux en tombant sur le gravier des parcs les voitures empuantissent l’atmosphère la tourterelle roucoule parce que l’oie cacarde et la perdrix cacabe parce que l’éléphant barrissant refuse de mugir n’est-ce pas qu’il en est ainsi parce que c’est comme ça les hommes poursuivent leurs femmes et celles des autres comme les animaux leurs femelles la terre toujours... [Lire la suite]
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25 février 2013

enfers

  Alessandro n’a jamais réfléchi sur la mort jamais pu jamais voulu sait pas la laisse venir sans plus enfer compte contre tout laisse venir lentement comme toutes autres choses inaccessibles laisse faire ne voit ni ce qu’il pourrait en attendre ni ce qu’il pourrait en dire ni en faire ni en penser laisse venir c’est tout un point c’est tout n’a d’ailleurs la perspective d’aucun autre choix aucun vaste trou noir de sa pensée où s’engloutit toute réalité impensable absolu du vide de l’au-delà de l’être sait qu’elle est le... [Lire la suite]
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23 février 2013

les deux aveugles

  le soir ne lui arrive jamais jamais ni le jour ni la nuit ou la nuit vit dans l’incertitude absolue des choses pas de raison que demain soit ni même que hier ait été s’attend à tout d’un monde où mouvement et matière s’inventent dans une même incertitude où les espaces s’emboîtent dans d’autres espaces encore s’attend à tout regarde la lumière comme un accident la nuit le ciel les odeurs et les sons comme autant de contingences avec lesquelles il doit faire résiste essaie de résister aux impératifs impérieux du corps... [Lire la suite]
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17 février 2013

Werther

  Alessandro regrette la neige qui tombait sur son village d’enfance se lamente sur sa blancheur sa qualité sa quantité ce qu’elle était alors elle la neige l’enfance et tout ce qui va avec comme nostalgie goût de Carambar collé au palais de filaments de bois de réglisse coincés dans l’écartement des dents de lait regrette regrette l’enfance ou la neige ou les neiges de l’enfance ne sait pas trop le regrette regrette ça et tout ce qui allait avec le sourire lumineux de sa mère ou sa grand-mère ou une de ses tantes la voix grave... [Lire la suite]
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