Alessandro est malheureux sa vie a une odeur de vernis
recouvrant des heures formelles parfois un goût de merdes celles
dans lesquelles il marche de temps à autre qui
l’obligent à nettoyer ses semelles crantées avec des
brindilles de bois des morceaux de carton ou autres
instruments improvisés mais cela ne présage jamais
du pire qu’il sent là quelque part possible bien que
tout à fait indéfinissable car ses jours sont des jours qui
succèdent les uns aux autres sans autres raisons que leurs
succession or la distance à parcourir lui reste une équation
à deux inconnues et il ne sait que ramper de terreur
devant l’aspect insoluble des choses faisant son cinéma
tout cela est bien flou bien morose en tous points
identique à soi-même hors de la ritournelle que lui font
des mots comme aubaine amitié amour avenir aventure qui
n’en finissent jamais de ne pas savoir commencer et
encombrent sa tête de leur incessante rumeur monotone

 

Gigue irlandaise

La boîte au lait, Offenbach, Jules Noriac et Eugène Grangé (1876)