entre la poussière des meubles et des vieux journaux
qui traînent n’importe où se déplace avec lenteur
est chez elle le sait elle est chez elle elle le sait d’ailleurs
si elle oublie une voix ne sait laquelle le lui
rappelle qu’elle est chez elle où elle se déplace entre
meubles vêtements épars restes de repas vieux mégots
puants chaussures jetées ici et là ne s’inquiète
pas tout lui est familier l’odeur un peu sucrée des vieillards
la chaleur moite épaisse comme le silence si douillet des meubles
usagés dont elle sait qu’ils sont là comme elle sait le savoir
et c’est cela qui importe cette certitude le savoir si paisible
de cette certitude si rassurante d’être chez elle au milieu
de toutes ces vieilles choses qu’elle est sûre de connaître
du son soutenu de ce silence plein de poussière et d’erreurs
de la présence de toutes ces choses qui ne peuvent finir

Cambiale de matrimonio

Psalmodie bouddhiste